Dans 3 semaines, Mistinguette aura 10 ans et moi je prendrais une grande claque dans la figure, mais c’est un autre débat. Seulement voilà, ces 10 ans n’arrivent pas seuls. L’adolescence se profile à l’horizon, elle fait son entrée lentement mais sûrement. Bien que pour Mistinguette elle se soit bien installée, ait carrément pris ses aises. 

 

J’en ai eu la certitude, la confirmation pour un mercredi après-midi où suite à un rendez-vous chez la dermatologue, nous voici ressorties avec un traitement contre l’acné (alors qu’à la base, nous venions pour tout autre chose). Ce fut un choc. Un tsunami d’émotions, de craintes, de questions me submergeait.

Mais l’acné n’est pas le seul côté sympa de la chose. Il y a aussi les sautes d’humeur, les crises qui s’accompagnent de claquement de portes, les « de toute façon vous ne m’aimez pas, vous voulez jamais que je fasse ceci ou que j’ai cela », les haussements d’épaules, les regards assassins. Bref la jolie petite blondinette peut vite se transformer en véritable Chucky. Comme ça, sans aucune raison valable, du moins pour nous ses parents, parce que pour elle ce n’est pas le cas.

Sans oublier ses goûts vestimentaires de plus en plus prononcés, ses goûts musicaux bien arrêtés, les câlins se font plus rares (mais en deviennent que plus précieux), le fait qu’elle puisse s’installer côté passager (elle n’a pas encore essayé de nous reléguer à l’arrière avec son père c’est étonnant), qu’elle ne veuille plus aller au périscolaire après 16h et souhaite rentrer à la maison directement après l’école, qu’elle s’observe quotidiennement dans la glace à l’affût des 1ers changements corporels, que ses produits de beauté envahissent la salle de bain, que l’accès à cette dernière nous est formellement interdite d’accès lorsque Mlle y est. Mais surtout nous avons eu notre fameuse discussion mère-fille où je me suis m’entendue dire « c’est bon maman je sais, mes cousines m’ont déjà expliqué » ah ben ok excuse-moi alors mais explique moi quand même ce que tu sais.

 

Sauf que je ne suis pas prête à gérer tout ça. Je pensais avoir encore un peu de temps avant de vivre cette période si « charmante », si « agréable ».  Faut croire que non !!!! Je commence à avoir un léger aperçu de ce que j’ai dû faire vivre à mes parents et ça a dû être l’enfer certains jours. Parce que je dois bien l’avouer, ma fille a exactement le même caractère, les mêmes comportements que moi ado. Certains soirs, j’ai l’impression d’avoir fait un bond dans le passé tellement je ne me reconnais en elle.

Mais cela me permet de mieux la comprendre et de savoir comment réagir (et surtout ce je ne dois absolument pas faire). J’essaye au maximum de rester attentive à ses besoins, d’être à l’écoute de ses doléances, d’échanger avec elle, de ne pas lui en tenir rigueur.  Elle sait que je suis là en cas de besoin, que je ne la juge pas ni ne me moque d’elle. Ma plus grande crainte dans les années à venir et qu’elle se détourne de moi, que le dialogue puisse être rompu.

Je sens que ces 10 prochaines années ne vont pas être de tout repos non plus.