Aujourd’hui, j’ai eu droit à une grande et belle leçon au bureau. Tel un boomerang pris en pleine face sans que je m’y attende, sans que je le voie venir.

L’élément déclencheur : quelques points d’exclamation à la fin d’une phrase dans un mail de réponse adressé à l’une de mes collègues et dont mon chef était également le destinataire (chose que je savais pertinemment). Quelques malheureux points d’exclamation sensé interpréter mon admiration pour le même travail donnée à chacune d’entre nous et pour lequel elle a mis moins de temps que moi à le terminer et où je lui demandais également comment elle avait fait.

Il est vrai que je suis connue pour être parfois trop impulsive, trop franche, directe et que je ne mets toujours pas les formes. Pourtant cette fois ci, il n’y avait aucun sous-entendu de ma part. Mais au vu de la réponse faite par mon responsable, il faut croire que si. Cerise sur le gâteau, lors de mon prochain point binôme bimensuel qui aura lieu lundi prochain, je vais devoir m’expliquer.

Que dois-je penser ? Que dire pour me justifier ? Je ne sais pas, ne sais plus. L’énervement, la surprise, l’envie d’envoyer tout promener ont fait place à de l’amertume, de la stupeur,  sentiment qui encore maintenant persiste. Je sais reconnaître mes torts (même si ce n’est pas toujours facile), je suis consciente de mon impulsivité. J’assume  entièrement mon caractère de « cochon ». Mais là? Devoir m'expliquer sur de simples points d'interrogation. Non mais « allô quoi ». C’est une caméra cachée c’est ça ???

Une fois de plus, je vais encaisser les reproches (si encore cela concernerait mon travail je comprendrais un peu plus), serrer les dents pour ne pas sourire face à l'absurdité de cette situation, et surtout, surtout enfouir au plus profond de moi ma satanée jumelle maléfique qui,elle, voudra impérativement se faire entendre, démontrer l’illogisme de ce qui m’est reproché.

 

 

Dorénavant, et même si cela va me coûter énormément, même si c’est contraire à ce que je suis réellement, je vais à mon tour devenir un gentil mouton, bien obéissant, qui rentre dans leur foutu moule. C’est ce qu’ils souhaitent depuis pas mal de temps. Je vais les laisser croire qu’ils ont enfin réussi, les laisser savourer quelque temps leur victoire. Parce que bientôt(croisons les doigts), ce sera à mon tour de savourer ma propre victoire.