Ce matin Mistinguette est partie à son 1er camp scout. En préparant son sac à dos hier, je me suis revue faire le mien, je me suis rappelée mes camps, l’excitation ressentie la veille de chaque départ.

 

Scoute, je le fus dès mon plus jeune âge. Mes parents étaient chefs pionniers (la branche des 14-18 ans). Je les accompagnais durant les réunions, les week end et le camp qui clôture chaque fin d’année. Puis je suis devenue scoute à mon tour et chef. C’est grâce à ce mouvement que j’ai rencontré MrY , lui-même scout mais dans un autre groupe (rival du mien à l’époque). On peut dire que les scouts sont une grande famille.

 Certains n’y voient que le côté religieux de ce mouvement, pourtant ce n’est pas l’essence même du scoutisme. Moi je m’y suis surtout fabriquée des souvenirs mémorables, vécue des expériences inoubliables, fait des rencontres improbables. Etre scout c’est avant tout l’entraide, le partage, la solidarité. C’est la découverte de la vie au grand air, dormir sous la tente, la joie des installations (j’adorais faire la table à feu qui se terminait souvent en bataille de boue), les explos, le concours cuisine, les olympiades, les veillées autour du feu de camp. C’est apprendre à monter une tente, à fabriquer à partir de bois et de ficelle une table, se doucher à l’eau froide, être de corvées de cuisine, de bois, d’eau, passer son temps à chanter, rire, se découvrir soi-même. C’est découvrir

 

Il était donc tout à normal pour MrY et moi que nos enfants soient scouts à leur tour. C’est un peu comme une transmission de patrimoine. Pour l’instant seule Mistinguette adhère à ce mouvement si « particulier » (Ptit Loulou préférant privilégier le foot et sa future carrière dans l’équipe de France). Alors ce matin en l’accompagnant au départ, j’ai eu un pincement au cœur. Pas seulement parce qu’elle partait sans nous mais parce qu’à son tour elle va vivre ce que j’ai vécu et que je ne vivrai plus. Elle a repris le flambeau avec le sourire. A peine a-t-elle aperçue ses copines qu’elle nous avait déjà oublié. Je savais exactement ce qu’elle ressentait. Je me fais une joie pour elle de savoir ce qu’elle va vivre pendant ces quelques jours. Je sais qu’elle en reviendra grandie, changée et qu’elle n’aura qu’une hâte : y retourner l’année prochaine.